Petit traité du dimanche en mélassitude
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| Image: IA et moi |
Le dimanche, c'est le moment où la psyché s'enfarge dans les fleurs du tapis. On est là, figé.e comme un chevreuil devant des phares, coincé.e entre la nostalgie d'un samedi trop court et l'épouvantail du lundi qui se pointe avec ses grands airs. C’est une forme d’inertie poisseuse, une stagnation de salon qui a l’élégance d’un veston Chanel mais l’odeur d’un vieux coton ouaté de cégep.
D'un point de vue nothombien, cette paralysie est un luxe aristocratique. On s'observe ne rien faire avec une fascination presque morbide. C’est le spleen du sofa. On contemple son propre vide intérieur en se disant que, décidément, l'ennui est la seule preuve de notre noble intelligence. On ne bouge pas, on se décompose avec distinction en sirotant un breuvage tiède.
Mais attention, car ici intervient le Boucar en nous : le vieux sage qui sait que même si la rivière semble gelée, l’eau continue de couler en dessous. Cette inertie, c’est votre hibernation stratégique. Le caribou ne court pas après les mouches en plein blizzard ; il économise son gaz. Si vous stagnez aujourd’hui, c’est peut-être que vos racines sont en train de prendre une méchante débarque dans le sol de vos ambitions pour mieux puiser l’énergie nécessaire. Faut pas se donner des boutons parce que la machine est au neutre ; parfois, le moteur a juste besoin de virer un peu au ralenti pour pas sauter une coche demain matin.
C’est là que le gars/la fille en vous doit reprendre le volant. L’inertie, c'est correct, mais la nigauderie, non. On ne peut pas rester pogné dans la sloche mentale éternellement. La stratégie, c’est l’art de choisir sa bataille pour ne pas s’épuiser à pelleter des nuages. Demain, on ne part pas en peur. On cible l’essentiel. On ne garroche pas son énergie partout comme un arroseur automatique défectueux.
Le plan de match pour pas perdre la carte demain :
- La corvée du matin (Le gros Bill) : Dès que vous décollez de l'oreiller, attaquez la tâche qui vous fait le plus "suer". Celle qui vous donne envie de retourner sous les couvertes. On l'abat tout de suite, sans niaisage, avec la précision d'un bûcheron qui sait exactement où l'arbre va tomber.
- L’enracinement (Le moment Baobab) : Prenez un 90 minutes pour réfléchir à long terme. Pas de courriels, pas de textos, rien que vous et votre vision. C’est là que vous devenez solide comme un chêne, pas ébranlable par le premier vent de panique venu du bureau.
- L’émondage (Le ménage de Printemps) : Regardez votre horaire et sacrez-moi dehors tout ce qui sert à rien. Les meetings qui finissent plus, les jasettes inutiles, les demandes de monde qui veulent juste vous pomper votre temps. On coupe dans le gras.

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