L’alchimie du sacré-pourri
Le bac brun. Un nom d'une platitude quasi insultante pour ce qui est, en vérité, le sarcophage de nos renoncements . Il trône au coin de la maison, tel un monolithe de polymère sombre, boursouflé par la tiédeur de l’été comme une panse de baobab gavée de secrets. Ce n’est pas un simple réceptacle; c’est une chambre funéraire où la thermodynamique s’exerce avec une brutalité sans filtre. C'est ici que le trognon de pomme, jadis éclatant de jeunesse, rencontre le destin de la carcasse de poulet dans une étreinte visqueuse . Chaque matin, en soulevant le couvercle, l’air n’est pas seulement empesté: il est giflé. Ce n’est pas le parfum délicat des feuilles de thé de mon enfance, non; c’est une exhalaison d'outre-tombe , un souffle de dragon qui aurait mangé du vieux saumon. C’est le parfum de l’échec total, l’ADN de la finitude. Mon grand-père disait au Sénégal que la terre mange tout ce qui marche, mais dans ce bac, la terre semble avoir une indigestion carabinée. Une Métaphy...









