Hebdo du bonheur: Le prix de la tendresse
Aujourd’hui, mon compte en banque affiche une pâleur cadavérique, une anémie subite de 1000$. La cause?
Une visite chez le vétérinaire, ce grand prêtre de la santé animale qui officie dans un temple de stéthoscopes et de croquettes holistiques. Pour ce prix-là, on s’attendrait à ce que mon chat se mette à réciter du Rimbaud ou que mon chien développe des branchies pour pêcher son propre saumon.
Mais non. Il est là, simplement vivant, la truffe fraîche et l’œil vif, ignorant superbement le sacrifice financier de son humble serviteur.
Comme le disait la grand-mère boucardioufisée de Dupuy en Abitibi et elle n'avait pas besoin de diplôme en économie pour le savoir: «Si tu ne regardes que le trou dans ton sac, tu oublieras que tes pieds te portent encore.» On pourrait s'enfermer dans une mélancolie de salon, déboucher une bouteille de rouge amer et pleurer sur ces billets verts envolés vers le paradis des cliniques vétérinaires. Mais quelle vulgarité ce serait! Préférer l'absence de l'argent à la présence du vivant est une erreur de débutant dans l'art de vivre.
Pourquoi jubiler malgré la facture?
- La vie n'a pas de prix, mais elle a un coût: Ces 1000 $ ne sont pas une perte, c’est une offrande. Une taxe sur la tendresse. C'est le prix à payer pour ne pas avoir à regarder un panier vide et un silence trop lourd dans la maison.
- L’instant présent est un aristocrate: Le futur s'inquiète du loyer, le passé regrette la dépense, mais le présent, lui, se délecte de voir une queue remuer. Soyons snobs: ignorons la comptabilité pour un après-midi.
- L'humour est le seul luxe gratuit: Rire de sa propre ruine, c’est s’élever au-dessus de la condition humaine. C’est dire au destin: «Tu m’as pris mes plumes, mais j’ai encore mes ailes!»
La vie est courte, la mort est une certitude ennuyeuse, alors soyons joyeux par pur esprit de contradiction.



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