Chronique du steak à 40 millions : Quand la piastre devient d’eau bénite
C’est-tu pas beau, l'altruisme fédéral ? Ottawa vient de garrocher 40 millions de piastres pour que le ciel vienne checker ce qui se passe dans ton abattoir. On n'est plus dans le domaine des finances, on est dans la haute voltige de l'absurde, quelque part entre un encens qui pue pis une taxe déguisée en prière.
Comme dirait Ti-Jean-Le-Sage, le philosophe de fond de rang qui médite en regardant son poêle à bois:
«Si tu paies pour que ton bifteck aille une place VIP au paradis, viens pas brailler que ton portefeuille est en train de brûler en enfer.»
C’est ça, le Québec du Canada: on mélange tout. L'État veut faire le sacristain avec notre argent durement gagné. On subventionne le dogme comme on achète du champagne de dépanneur: ça donne mal au bloc pis ça règle rien.
Mon ami Maître Shé-L’Ouïe, qui tient la cantine «Dragon de Val-d'Or», a un dicton bien précis là-dessus:
«C’est pas en mettant de la poudre d’or sur la corne du bœuf que tu vas nourrir les gens qui n'ont plus de dents.»
L'assiette, c'est le dernier bout de clôture qui nous reste. Que le boucher jase avec l’au-delà entre deux coupes de faux-filet, c’est son affaire de comptoir. Mais que le ministre nous demande de payer pour que le divin approuve le haché mi-maigre, c’est là que le bât blesse pis que le contribuable commence à avoir envie de mordre.
À Saint-Élie-des-Nuages, on sait ben que le curé s’occupe du bénitier pis que le gars de la shop s’occupe du moteur. Si tu mélanges les deux, ton moteur va faire des bulles pis ton eau bénite va sentir le cambouis.
Le bonheur, c'est comme une bonne sauce brune: c'est meilleur quand c'est séparé de la messe. Gardez vos millions pour boucher les trous dans le chemin, pis laissez mon steak tranquille. Mon Riesling est déjà assez miraculeux de même, j'ai pas besoin d'un permis du fédéral pour le boire.
Et c’est signé: L'Archiduchesse Shamanique de Val-d'Or-sur-Yangtsé



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