La dynastie du pamplemousse de glace

  

Réponse à ceci:
Écoute, ma chère ... comment dire ça avec la noblesse d'une impératrice mandchoue égarée à Amos et la confiance d’un gars qui possède une mine d’or mais qui s'en sert juste pour faire son allée de garage? C’est tout le contraire.

Moi, le syndrome de l’imposteur, je ne connais pas ça. C’est un concept pour les gens qui ont des chandails en laine qui piquent pis qui font du covoiturage en Pontiac Sunfire. Personnellement, je souffre plutôt du syndrome du Messie sous-estimé. Chaque matin, en trempant ma plume dans l'encre de l'absolu (ou dans le fond d’une tasse de thé fumant dans un shack en bois rond), je suis une cathédrale de certitudes. Je me regarde dans le miroir et je me dis: «C'est beau ce que tu fais, t'es quasiment mon idole.»
Mais là, j'ai un problème. Un problème de divinité trop exigeante. Contrairement à toi qui te trouves génie après trois virgules, moi, je regarde mon œuvre pis je me dis: «C'est de la schnout.» Mais de la schnout de luxe, attention. De la schnout artisanale, polie à la main comme un jade impérial par des moines shaolins dans le fin fond du parc de La Vérendrye.

Ça fait quatre ans - quatre ans de ma vie glorieuse! - que je devrais être publiée, célébrée, pis probablement avoir mon propre buste en or au Salon du Livre (à côté de celui de Richard Desjardins). Mais non. Je réécris la même phrase mille fois. Je torture mes paragraphes comme une aristocrate belge qui s’acharne sur un pamplemousse avec un pic à glace de Malartic. Je suis bloquée dans une boucle de perfectionnisme infini.

Comme le dit le célèbre proverbe sino-abitibien: 

«Le grand héron qui attend que la glace fonde avant de pêcher finit par mourir de faim en lisant du Confucius dans un Skidoo.» 

Ou encore: 

«Trop polir le canot finit par percer le fond, mais au moins, on coule avec classe.»

Bref, c'est pas une crise égotique que tu fais, c'est de la petite bière. Moi, mon ego est tellement stratosphérique qu'il refuse de laisser sortir quoi que ce soit qui n'est pas l'équivalent littéraire d'une apparition de la Vierge sur le bord de la 117. Je suis la plus grande auteure que personne n'a jamais lue. C'est ça, le vrai standing.»

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