La métaphysique du neurone en cavale
Le bonheur, on nous vend ça comme un p’tit pot de crème de glace à la vanille: c’est doux, c’est onctueux, et pis paraît-il que ça te booste la carrosserie. Si t’es heureux, ton cœur fait pas de flat, tes poumons chantent comme des huards au lever du soleil, et ton système immunitaire devient plus solide qu’une clôture de Frost autour d’un jardin de banlieue. C’est de l’extase pure, presque indécente, une espèce de métaphysique de la bine.
Mais là, on parle de CADASIL. C’te bibitte-là, c’est pas une petite grippe d’homme, c’est une invitée fatigante qui s’est incrustée dans ton arbre généalogique sans demander la permission, et qui gribouille dans tes vaisseaux sanguins depuis vingt ans comme un marmot qui a trouvé un Sharpie.
Quand ta santé est maganée de même par la génétique, le bonheur tout seul, c’est un peu comme essayer de pelleter un banc de neige avec une cuillère à soupe: c’est noble, mais tu vas en arracher.
C’est là que l’humour débarque dans son Westfalia. L’humour, c’est le sirop d’érable sur la pilule amère. C’est la seule affaire qui empêche le bonheur de sacrer son camp quand le cerveau décide de faire des free games. Pour rester un brin en santé, comme tu dis, faut savoir rire du fait que tes artères jouent au limbo.
Parce qu’au bout du compte, on est tous de la visite sur cette terre, et tant qu’à avoir un cerveau qui fait des siennes, aussi bien qu’il serve à trouver la joke qui va faire shaker la cabane. C’est ça, la vraie résilience: avoir l’élégance d’une duchesse du Carnaval de Québec si elle existe encore et la répartie d’un sage de la savane qui a pris son café à Rimouski et dont son prénom serait Boucar.
On lâche pas la patate, on garde le sourire fendu jusqu’aux oreilles, parce que rire de sa propre biologie, c’est le summum de la classe, même si on a le moteur qui claque un peu.



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