La métaphysique du sucre à la crème


La théologie du chaudron

Le sacré commence souvent sur un rond de poêle graisseux. Le chaudron, c’est l’univers vide de ton lundi matin qui attend qu’on y mette de la substance. Vois-tu, le bonheur, c’est l’anoblissement du trivial, une espèce de rencontre de plein fouet entre la crème de tes rêves pis le sucre brut de ton quotidien de semaine. On ne reçoit pas le bonheur comme un ticket de parking sur le pare-brise; on le transmute, on le gosse à la main.

Comme dirait un vieux sage au pied d’un baobab, ou mon grand-papa imaginaire au pied d’un érable: «C’est pas en regardant le pommier que les tartes vont cuire.» La vie, c’est comme une chaloupe sur le Saint-Laurent: si tu rames pas, c’est le courant qui va décider si tu finis à Tadoussac ou si tu t’échoues dans le fond du décor.

La mystique de la grainure


Alors, on sort le chaudron, sacre-moi ça sur le rond! On brasse avec la ferveur d’une sainte qui a faim pis la patience d’une mère qui attend que son grand flanc mou finisse son cégep. 

C’est ça, la beauté du fait maison: c’est peut-être un peu grainé ou ça décape l’émail, mais c’est à toi, c’est ton triomphe sur la grisaille du lundi.

Si t'attends que le destin te livre ta dose de dopamine par la poste, tu vas finir plus sèche qu’une vieille craquelée au soleil. Le bonheur, c’est une job de bras, mais une job avec du beurre sur les doigts pis du cœur au ventre. Comme on dit: «Aide-toi pis le ciel t’aidera», mais commence donc par t'aider avec une louche!

L’évangile du partage


Alors, on s’attache la tuque avec de la broche pis on fait chauffer le poêle. Parce qu’au bout du compte, le seul bonheur qui donne pas d'indigestion à l'âme, c’est celui qu’on a brassé soi-même avec un gros sac de résilience. Manger son sucre en solitaire, c’est comme chanter dans une église vide: ça réchauffe personne. Le bonheur ne se multiplie que si on le divise. 

Offrir un carré, c’est dire à l’autre: «Tiens, le lundi est frette, prends une dose de ma lumière»


Le Fond du Chaudron


Le poêle refroidit. La vie ne nous doit rien, mais on se doit tout à soi-même. Qu'est-ce qu'il reste? Le fond du chaudron qu'on gratte en cachette. La joie est dans l'effort. Ne laisse personne dire que ton bonheur est trop fait maison. Si c’est toi qui l’as brassé, c’est de l’or en barre. Va, mange ton sucre, raye ta tâche niaiseuse, et rappelle-toi: la vie est trop courte pour manger de la margarine sans sel.

Ça te donne-tu le goût de brasser ton propre chaudron aujourd'hui?







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