L’hebdo du bonheur: Le bonheur d'une journée de Frette (La tyrannie du soleil forcé)
Ce n’est plus de la pluie, ben voyons donc, c’est un sirop de glace. Dehors, c'est l'anarchie: la slush épaisse qui te scrappe les bottes et le verglas qui te guette à chaque pas. Le monde est devenu une patinoire déguisée en stationnement. Félix Leclerc nous parlait de silence, mais ça, c'est le silence dangereux, le genre où tu sais que la prochaine bourrasque va faire une niaiserie sur ton pare-brise.
La société, toujours, nous achale avec ses messages: «Profitez-en pour marcher!» Quel supplice! Fiston décrirait le patinage artistique des voisins qui tentent d'atteindre leur boîte aux lettres comme une comédie absurde, preuve de l'aveuglement humain face à l'évidence. Le bonheur, c'est de regarder cette tragédie glaciale à travers une fenêtre embuée, sans avoir à y participer.
Le gros frette, ce jour-là, n'est pas une simple température, c'est une obligation morale de rester collé à son poêle. C'est le soulagement absolu: aucune attente sociale ne peut te forcer à sortir et à te maganer un genou sur la glace. Tu peux faire le mou sans culpabilité.
C'est ça, la vraie affaire du verglas: la justification parfaite de ton inertie. La cabane devient un bunker, et chaque bruit de glace qui craque sur le toit est un rappel que l'univers t'a pogné à la maison pour te laisser savourer, enfin, cette paix plate en maudit qui est ton vrai bonheur.
«Quand ça glisse dehors, ton seul devoir, c'est de rester en dedans. Ça, c'est de l'amour propre, pas d'la paresse.»
– Une voix qui sait qu'un genou magané, c'est plate en maudit.



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