Quand le calme fait trembler les géants
Par Suzy Wong
Mes chers amis qlubiens, libresociaux, bonheureux et substackiens ainsi que mes bons voisins,
Écoutez-moi bien : ce qui s’est passé hier à Davos, c’était pas une conférence de plus noyée dans la neige suisse. C’était un geste. Un geste net. Un coup de scalpel dans la bedaine molle des certitudes mondiales.
Mark Carney est arrivé là sans tambour ni trompette, droit comme un chêne, la voix calme, le regard posé. Pas pour flatter. Pas pour vendre un rêve recyclé. Pour dire la vérité; celle qui fait mal, mais qui nettoie. Il a parlé avec cette froideur chirurgicale qui dissèque les illusions, mais avec un feu dans les veines qui faisait un bien fou. Un feu tranquille. Mature.
On va se le dire : entendre ça, c’était comme ouvrir une fenêtre après des mois d’air vicié. Une vraie bouffée pour l’âme humaine. De quoi décaper la rate après trop longtemps à respirer le cynisme comme s’il n’y avait plus d’autre oxygène possible.
La fin des contes de fées
Avec une précision qui coupe comme une lame de patin fraîchement affûtée, il a mis les choses au clair : la nostalgie, c’est de la bouillie pour les chats. Le vieux monde stable de nos pères ? Fini. Dissous. Le navire prend l’eau de partout, pis faire semblant que c’est juste une vague passagère, c’est se mentir en pleine face.Il a parlé de la rupture de l’ordre mondial sans panique ni romantisme. Avec une lucidité presque joyeuse. Comme quelqu’un qui sait que les illusions doivent mourir pour que quelque chose de viable naisse. Message clair : si on reste assis sur notre steak à attendre que les géants nous protègent, on va finir mangés vivants, la laine sur le dos, pis le reçu dans les mains.
Le pacte des p’tits qui ne le sont plus
Sa vraie idée - son coup de génie - c’est ça : l’alliance des puissances moyennes. Il a dit tout haut ce que trop de monde n’ose même pas penser. Tout seul, même bien intentionné, un pays comme le nôtre, c’est un amuse-gueule.Il a plaidé pour un métissage des forces. Une chaîne de solidarité entre le Canada, l’Europe et toutes les nations qui refusent de jouer au bras de fer éternel. Une corvée de quartier à l’échelle de la planète. On s’unit pas parce qu’on se ressemble, mais parce qu’on refuse que les gros bras décident de la couleur de nos clôtures, du ton de nos lois, pis du prix de notre dignité.
C’est là que l’âme respire. Dans cette idée simple et radicale : on n’est pas condamnés à subir l’histoire. On peut encore la forger. Ensemble. Sans crier. Sans menacer. Sans écraser.
Pendant ce temps-là…
Imagine maintenant ce que Donald Trump a dû ressentir en entendant ça.
Un inconfort physique, d’abord. Trop de phrases complètes. Trop peu de slogans. Aucun miroir tendu à son ego. Une irritation sourde, celle qui monte quand quelqu’un parle longtemps sans se nommer lui-même.
Un inconfort physique, d’abord. Trop de phrases complètes. Trop peu de slogans. Aucun miroir tendu à son ego. Une irritation sourde, celle qui monte quand quelqu’un parle longtemps sans se nommer lui-même.
Puis une jalousie mal placée. Parce que Carney n’avait besoin ni de hausser le ton, ni d’humilier qui que ce soit pour occuper la pièce. Il parlait d’alliances pendant que d’autres ne savent parler que de murs. De liens pendant que certains ne comprennent que les chaînes.
Ce genre de discours-là, ça fait mal aux empires fondés sur l’égo. Ça rappelle une chose insupportable : le monde peut avancer sans le bruit, sans la peur, sans la menace permanente. Pis pire encore, il peut avancer contre cette logique-là.
Un manifeste, pas un discours
Ce n’était pas un discours de banquier. C’était un manifeste déguisé en calme. Il a transformé la sécheresse des chiffres en une poésie de la résilience. Quelque chose qui rendait la dignité contagieuse.Il nous a rappelé une vérité qu’on a trop souvent oubliée : la souveraineté, c’est pas de brailler tout seul dans son coin. C’est d’avoir des racines assez entremêlées avec celles des autres pour que personne puisse nous arracher quand la tempête pogne.
Honnêtement, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu quelque chose d’aussi structuré, d’aussi incarné. De la haute voltige intellectuelle, oui - mais les deux pieds bien plantés dans la terre noire.
Hier, Carney n’a pas changé le monde.
Mais il a écrit une phrase qu’on n’entendait plus.
Pis maudit que ça faisait du bien de se rappeler que l’intelligence, la retenue et l’humanité peuvent encore gagner une manche, même sans faire de bruit.



J'entends parler de ce discours mémorable à gauche, à droite. Celles et ceux qui en parle ne tarissent pas d'éloges sur la grandeur de l'homme qui a prononcé ces paroles humanisantes. De ce pas, je fais une recherche sur le web pour pouvoir le lire en français et me gaver itou des pensées qui font du bien à l'âme.
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