S'en calicer en silence: La méthode vache
Il existe une forme d’élégance suprême dans l’hébétude. C’est une esthétique du rien, un champagne dont les bulles auraient été remplacées par du foin sec. Le secret du bonheur, voyez-vous, réside dans cette capacité toute bovine à refuser l'agression de la pensée. Regardez les vaches. C’est d’un chic absolu.
Sérieux, checkez-les. C’est fascinant de voir une bête avec une face de même. La vache, elle, s'en calice royalement. Elle ne se demande pas si son toupet est symétrique ou si elle a l’air d’une conne à fixer le même poteau depuis 2012. Elle pratique une forme de transcendance que j’appellerais l'extase du vide gastrique. Pendant que tu te fends le bicycle en deux pour savoir si ton existence a un sens, elle, elle chie. Et elle chie avec une dignité que je n’ai jamais vue chez un intellectuel parisien.
C’est le paroxysme de la classe: brouter en regardant passer les chars sur la 20 comme si c’était des comètes filantes. Elle n'est pas en réflexion; elle est en pause de cerveau permanente. Pas de burnout, pas de gestion de stress, juste un long silence de 600 kilos qui rumine son propre ennui.
Moi, j’envie cette absence totale de questions. La vache ne cherche pas à être la meilleure version d’elle-même. Elle est juste une vache. Elle est parfaite. Elle a compris que le nirvana, ce n’est pas d’avoir du génie, c’est d’avoir le QI d’un sac de patates pis d’être satisfaite avec ça.
C’est épouvantablement beau. Pis c'est reposant en maudit.



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